La Resurrezione de Haendel

Au moment où Haendel décide de se rendre en Italie la situation géopolitique européenne est bouleversée par la guerre de succession au trône d‘Espagne.Les grandes monarchies catholiques s’affrontent depuis la mort de Charles II, les Etats du pape tentent d’avoir une politique autonome, Venise reste tournée vers ses possessions en Adriatique, la France de Louis XIV, la grande Alliance de la Haye, l’Empire de Leopold Ier s’arrachent une Europe en partage.

L’Italie que visite Haendel est donc pour la moins troublée et le jeune voyageur a sans doute dû modifier ses plans et ses itinéraires. La péninsule était alors une étape obligée pour tout homme cultivé, un passage indispensable à « l’honnête homme   » qui voulait aller aux sources de l’art :

«   Il n’est certes pas d’endroit au monde où un homme puisse voyager avec plus de plaisir et de profit qu’en Italie… C’est la grande école de la musique et de la peinture, et elle recèle toutes les plus nobles productions de la sculpture et de l’architecture tant anciennes que modernes. Elle abonde en cabinets de curiosités et en vaste collections d’antiquités de toutes sortes.  » Joseph Addisson 1705

Haendel entreprit ce voyage à ses propres frais et sans aucune contrainte, il fût accueilli pour sa deuxième étape, à Rome par le marquis Ruspoli, un des grands mécènes de la cité éternelle. Dès 1707 on trouve la trace de concerts à l’orgue tenue par le Saxon à Saint Jean de Latran.

L’opéra depuis quelques décennies n’est plus autorisé dans la Cité, jugé trop décadent pour l’église rigoriste qui tente alors de reconstruire une cité ravagée par plusieurs catastrophes naturelles. En revanche la cantate et l’oratorio se développent, l’occasion pour la société mélomanes et friande de divertissements de retrouver les meilleurs chanteurs et instrumentistes d’Italie, reconvertis.

Après un premier Oratorio composé sur un livret du cardinal Pamphili « Il Trionfo del tempo e del Disinganno » (œuvre que nous avons présenté voilà une petite saison ici même), et un premier opéra « Rodrigo » créé en 1708 à Florence, Haendel reçut sa commande musicale la plus importante : La Resurrezione, sur un livret de Carlo Sigismondo Capece, prévue pour être donné le dimanche de pâques.

L’occasion était spéciale, une scénographie luxueuse aux armes des Ruspoli avait été commandé, l’orchestre dirigé par le grand violoniste Arcangelo Corelli en grande formation (un peu moins de cinquante instrumentistes) était à l’œuvre, trois répétitions furent octroyées signe de l’importance de l’évènement !
Le Pape fulmina quand même n’appréciant guère la présence pour la première représentation d’une soprano femme, la Durastanti, qui fût remplacée immédiatement.

Nous avons aujourd’hui fait le choix inverse, celui de confier à des voix de femme les trois rôles aigus, convaincus par la richesse et la variété de timbre et de caractère de nos solistes.
L’œuvre depuis le début du XVIIIème siècle occupe une place à part dans la production du compositeur et reste appréciée tant pour la grande diversité et délicatesse de traitement des couleurs et des accompagnements instrumentaux, Haendel joue avec un instrumentarium rare où trompettes, hautbois, luth et viole de gambe complète le concerto grosso traditionnel tenu par les cordes, que pour ses mélodies simples et évocatrices souvent reprises par l’auteur même dans plusieurs autres de ses partitions.

Sébastien d’Hérin d’après Haendel en son temps de Marc Belissa

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Durée : 3 heures

DIRECTION

Sébastien d’Hérin

SOLISTES

Magdalena : Caroline Mutel

San Giovanni : Hugo Hymas

Lucifer : Frédéric Caton / Christian Immler

Angelo : Jeanine de Bique

Cleofe : Luciana Mancini / Delphine Galou

ORCHESTRE :

Les Nouveaux Caractères

EXTRAIT DE PRESSE