Nous découvrir

Sébastien d’hérin

 

On dit parfois qu’il a mauvais caractère. Ou plutôt du caractère. Ceux qui l’ont vu tenir tête à Gustav Leonhardt, Pierre Hantaï, Bob van Asperen, Kenneth Gilbert ou Christophe Rousset, ses maîtres ès clavecin, peuvent en attester.

Mais cette liberté de ton, cette liberté de son, acquises par sa fierté émancipatrice, ont donné à Sébastien d’Hérin une place à part sur la scène actuelle du clavecin.

De  ses origines savoyardes, il a gardé le sens de la persévérance, mais on imagine que sa jeunesse nantaise lui a donné le goût de la flibusterie. Corsaire du  clavecin, il n’a que faire des modes, des interdits et des contraintes.

Ses trois premiers prix du Conservatoire de Paris (clavecin et basse continue, décernés à l’unanimité, et pianoforte), ou son diplôme du Conservatoire d’Amsterdam, ne doivent pas laisser imaginer qu’il a, le moindre moment, plié sous le joug des institutions.

Son talent s’exprime, au gré de sa fantaisie : comme continuiste, demandé par les plus grands chefs baroques (Jean-Claude Malgoire, Marc Minkowski, Hervé Niquet, Jean Tubery…) Comme collaborateur et assistant (Laurence Equilbey, Hervé Niquet, Emmanuel Krivine), ou comme soliste, chambriste (La Bergamasca, et les Musiciens de Monsieur Croche), et plus récemment comme chef d’orchestre (Opéra de Rennes, Orchestre Léonard de Vinci-Rouen, Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, Orchestre National de Montpellier Languedoc-Roussillon). Il s’acoquine parfois avec un autre franc tireur du clavecin, Skip Sempé, pour livrer les plus riches, les plus délirantes, les plus poétiques enluminures baroques que l’on puisse imaginer.

Convaincu que « l’harmonie la plus douce est le son de la voix de celle que l’on aime » (La Bruyère, les Caractères-1696-), il fonde en 2003 avec Caroline Mutel, les Nouveaux Caractères. Sous leur impulsion, la musique devient théâtrale, fougueuse, généreuse, mais aussi pudique, sensible et tendre.

Le Grand Siècle français renaît alors dans ce qu’il a de plus lyrique, déclamatoire, extravagant, expressif et élégant. Les programmes proposés par Les Nouveaux Caractères sont une invitation au voyage, un vagabondage poétique dans les méandres d’un labyrinthe dessiné comme un jardin à la française.

Mais pour Sébastien d’Hérin, la vie ne s’arrête pas aux portes du XVIIIe siècle. Son goût pour la bonne chère, les vins, ou les meilleurs whiskies, ses amitiés fidèles, l’amour d’Hippolyte et de Perle, ses enfants, en font un artiste d’aujourd’hui : libre, engagé et moderne.

Le musicien est à l’égal de l’homme. Il sait que « le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui » (La Bruyère, les Caractères -1696-) Bio  écrite par André Guy