Qui a tue Jean-Marie Leclair ?

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9 août 2014 au Festival baroque de Tarentaise
////// Festival baroque de Tarentaise

15 novembre 2014 à la Chapelle de la Trinité
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Chapelle de la Trinité, Lyon

Durée : 1 heure 20

PROGRAMME

Jean-Philippe Rameau : Pièces de clavecin en concert, 5e concert
Jean-Marie Leclair :  Airs extraits de Scylla et Glaucus, Sonates pour violon et basse continue (livres 3 et 4)
Giuseppe Tartini : Le Trille du Diable
Giovanni Battista Pergolesi : Airs extraits de La Serva Padrona
Hubert Le Blanc : Défense de la basse de viole
Marin Marais : Le Tableau de l’opération de la taille

DISTRIBUTION

Direction et clavecin : Sébastien d’Hérin
Chant et texte : Caroline Mutel, Julien Picard
Violon : Jasmine Eudeline
Viole de gambe :
Martin Bauer
Violoncelle :
Frédéric Baldassare

PRESENTATION

1764.
 Voilà tout juste 250 ans, Jean-Marie Leclair, immense violoniste est retrouvé mort assassiné sur le perron de sa modeste demeure parisienne. Trois fois poignardé, l’enquête patine. Qui du jardinier, Jacques Paysant, de l’épouse, Louise Leclair, de son imprimeur ou du neveu violoniste et jaloux, Guillaume-François Vial, a perpétré cet acte ?

Ce fait divers, à la fois tragique et anecdotique, marque la fin d’une époque : Rameau décède la même année, la subtile et douce viole de gambe se débat encore quelque peu face aux « empires du violon et du violoncelle » ! La musique française et ses plus fidèles représentants se meurent sous le règne de Louis XV.

Place à la folie et aux sentiments exacerbés ! Les Anciens et les Modernes s’affrontent depuis de nombreuses années, les Bouffons dansent. Giovanni Battista Pergolesi et les siens règnent sur le théâtre parisien ! Une nouvelle querelle esthétique oppose les tenants de la musique française, dite élégante, raffinée, aux défenseurs de la musique ultramontaine, souvent qualifiée de légère, vide ou vulgaire.

Jean-Marie Leclair (1697-1764), le plus italien des compositeurs français.

Leclair est le père de l’école de violon moderne, ses maîtres étaient les grands virtuoses italien (Somis, Tartini…). Sous la protection du duc de Gramont, il œuvre pour le ballet et les divertissements dansés. Mais c’est avec la musique instrumentale, notamment les sonates pour violon et basse continue qu’il développe à l’infini, alternant des mouvements d’une sensibilité extrême aux harmonies avant-gardistes et des prouesses techniques d’un genre nouveau, qu’il règne au Concert spirituel et dans les salons parisiens.

Giuseppe Tartini (1692-1770), compositeur italien, auteur de 130 concertos et de 150 sonates pour le violon dont le célèbre et redoutable Trille du Diable. Il est le représentant le plus marquant du règne de la virtuosité instrumentale en Europe au XVIIIe siècle.

« J’ai rêvé une nuit que j’avais scellé un pacte avec le Diable pour le prix de mon âme. Tout obéissait à ma volonté, mon nouveau serviteur connaissait d’avance tous mes souhaits. Alors me vint l’idée de lui confier mon violon et d’attendre ce qu’il en tirerait. Quel ne fût pas mon étonnement lorsque je l’entendis jouer, avec un art consommé, une sonate d’une beauté telle que je n’aurais pu en imaginer de plus belle. J’étais stupéfait et charmé, le souffle court et je me réveillai…»

« Il y a trois choses auxquelles je n’ai jamais rien compris : le jeu, les femmes et la musique. » (Dictionnaire historique des musiciens, article « Fontenelle »)

Sébastien d’Hérin