ensemble baroque lyrique

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ensemble baroque lyrique

Il Trionfo Del Tempo E Del Disinganno

G.F Haendel


Haendel et l'Italie

En 1706, Haendel amorce un voyage en Italie dont la situation géopolitique est bouleversée. Les grandes monarchies catholiques s’arrachent une Europe en partage. Il est accueilli à Rome où l’opéra n’est plus autorisé, jugé trop décadent par l’église. C’est dans ce contexte qu’il compose les trois oratorios Il Trionfo del tempo e del Disinganno, Dixit Dominus, et La Resurrezione.

Premier oratorio de Haendel, composé peu après son arrivée à Rome, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno (1707) repose sur l’affrontement de quatre personnages allégoriques : le Temps, la Désillusion qui s’opposent au Plaisir et à la Beauté.

Très différent des grands oratorios de la maturité de Haendel, celui-ci se signale par son effectif instrumental réduit et son absence de chœur. La partition séduit par l’inventivité de son écriture et la fraîcheur de son inspiration.

"Lascia ch'io Pianga"

Cette œuvre suivra Haendel toute sa vie, puisqu’il la recyclera plus d’une fois au profit de plusieurs autres de ses œuvres comme Aggripina (1709) ou Rinaldo (1711), et qu’il l’étoffera selon les besoins de sa carrière jusqu’en 1758 où elle sera donnée à Covent Garden sous son titre anglais devenu « The Triumph of Time and Truth » — c’est-à-dire Le Triomphe du Temps et de la Vérité.

Tous les mélomanes connaissent l’ouvrage à travers un air devenu célèbre : « Lascia la spina » (« Ne touche pas aux épines ») qui se métamorphosera en « Lascia ch’io pianga » dans l’opéra Rinaldo (1711). Le cinéaste Gérard Corbiau contribuera largement à la popularité de cet air qu’il utilise dans son film Farinelli (1994).

Cette allégorie volontiers naïve et à la morale austère est heureusement habillée de vers très musicaux ; c’est tout ce dont Haendel a besoin, qui n’entend pas édifier, mais conquérir Rome et montrer qu’il peut être plus italien que les Italiens eux-mêmes.

« La partition de Haendel pétille d’exubérance, d’imagination et d’une flamboyante étreinte du goût italien. Les solistes ont l’occasion d’afficher leur virtuosité, tout comme plusieurs des instrumentistes. Mais les vraies étoiles sont les airs exquis, tels que « Io sperai », « Lascia la spina » et « Tu del ciel ministro eletto » à couper le souffle. »
Sébastien d'Hérin, chef d'orchestre